| Info Générale
Les zones agricoles et agropastorales du Niger n'ont pas joui d'une pluviométrie favorable au cours 2004. Par ailleurs, certaines de ces régions ont été infestées par des vagues de criquets pèlerins en août de la même année. Ceci a engendré une crise alimentaire sévère au Niger. Selon une évaluation conjointe effectuée en mars 2005 par le Gouvernement, les Nations Unies et des partenaires ONG, 3.6 millions de personnes (2.988 villages) sont sévèrement affectées par la crise alimentaire, dont 2.5 millions sont dans une situation extrêmement vulnérable et ayant besoin d'une assistance alimentaire. Affectée par la pauvreté, la majeure partie de la population rurale fait face à de sérieuses difficultés pour avoir une alimentation de base, qui est le mil et le sorgho. Les prix des céréales ont multipliés par trois tandis que les prix du bétail ont nettement diminué. Cette population rurale, a en majorité, émigré hors des zones les plus vulnérables. Les plantes sauvages constituent actuellement leur alimentation.
Un enfant sur cinq est affecté par la malnutrition modérée et si une action d'urgence n'est pas prise dans les jours à venir, ils risquent de devenir des malnutris sévère. La malnutrition modérée est estimée entre 13,4% (PAM-HKI), 16 à 17% (UNICEF), 19,4% (MSF) selon les régions et la durée des évaluations. La malnutrition sévère est estimée à 2,4% et 2,9% dans les départements les plus affectés (Tahoua, Maradi), qui ont des taux comparables aux zones de conflits et aux pires cas d'urgence au monde. On estime que plus de 150.000 enfants de moins de cinq ans sont touchés par la malnutrition sévère parmi les 800.000 enfants malnutris dans l'ensemble du pays.
Dans les centres thérapeutiques de nutrition du PAM, UNICEF, MSF et autres ONG, les admissions augmentent de manière considérable. En mi-juillet, le nombre de patients admis était deux fois plus important que celui de l'année dernière au cours de la même période. On prévoit une augmentation considérable de la malnutrition est jusqu'à la fin de la période de soudure qui commence à partir de l'épuisement des réserves alimentaires en avril jusqu'à la nouvelle récolte en octobre. Au centre thérapeutique nutritionnel de Saga, géré par les sœurs de Mère Teresa à Niamey, autant d'enfants ont été traités de la malnutrition sévère (650) entre avril et juin 2005, qu'au cours des douze mois précédents.
Seuls quelques partenaires humanitaires et de la santé, qui sont présents au Niger, ont l'expertise et les capacités suffisantes pour mettre en oeuvre des activités thérapeutiques nutritionnelles intensives, et assurer une couverture complète et adéquate dans les zones les plus affectées. Ces zones ont des besoins les plus urgents et les vie des enfants affectés par la malnutrition sévère y doivent être sauver.
La disponibilité limitée de pâturage et de fourrage (déficit de 36% ou 4.6 tonnes de fourrage sec) met en péril le bétail. Le fourrage reste très cher. Vingt deux millions de têtes de bétail (vaches, moutons, chèvres et chameaux), qui représentent "les comptes d'épargne" des populations agro-pastorales et bergers, sont en général pauvres, enclavés dans la zone agricole du Sud, loin des terres pastorale du Nord et vendus à des prix extrêmement bas car ils sont nombreux et en très mauvais état sur le marché. La valeur monétaire du bétail, comparée à l'équivalent en céréales, a diminué entre 42 à 55% (Source : Système d'Information du Marché du Bétail, 2005). Dans le pire des cas, une vache est vendue à 1.5 dollars US.
Dakoro, Filingué et Ouallam sont les zones les plus affectées pour le bétail. Les quelques têtes, suffisamment aptes à voyager, commencent à peine leur transhumance vers le Nord. Jusqu'ici, aucune épidémie n'a été signalée, mais seulement des insuffisances alimentaires et parasites ont été rapportées.
Au Niger, la crise alimentaire est coordonnée par un mécanisme national, le Dispositif National de Prévention et de Gestion des Crises Alimentaires (DNPGCA), responsable de la prévention et de l'amélioration de la situation. Les partenaires au développement étaient les premiers à répondre à la crise alimentaire avec le déploiement de leurs capacités au-delà des limites. |